François Roger de Loraille

Un peu d'histoire...

Je m’appelle François et si je devais désigner un fil rouge dans ma vie, je répondrais sans hésitation les plantes. Elles ont toujours été là, très présentes et ce de plus en plus dans mon quotidien au fil des années. J’ai tissé un lien avec la botanique dès l’enfance. Ma grand-mère avait un joli petit jardin autour de sa maison. Je m’y revois, jouer avec les plantes et la terre tandis qu’elle s’occupait de ses roses, de ses géraniums ou de ses lauriers. Si lors de l’entretien de son jardin elle se retrouvait avec une branche cassée, j’étais le petit bonhomme chargé d’en faire une bouture. Cet amour profond pour la nature que je cultive depuis le préambule de ma vie, me vient certainement d’elle. Elle m’a éduqué dans le respect de la nature et de ses remèdes traditionnels aussi simple soient-ils. Une cuillère à café de miel à déverser dans une décoction de bardane pour soulager la toux, une friction de menthe fraiche sur le corps pour apaiser les démangeaisons, ou l’utilisation d’un baume à l’achillée millefeuille pour repousser les tiques et moustiques. Je passais beaucoup de temps seul avec elle entre la région Parisienne et la Normandie.

Adolescent, j’ai commencé à m’intéresser plus scientifiquement aux plantes. Lorsque je ne voyageait pas à l’étranger, j’hibernais dans notre maison de campagne. Je marchais souvent sur les sentiers perdus, dans les champs et les bois, identifiant, rassemblant, séchant des plantes et expérimentant des décoctions. Avec une mère dans les voyages qui nous emmenait à la découverte des épices, des plantes, des minéraux, et un père qui me fournissait du matériel de laboratoire à ne plus savoir qu’en faire… Je passais des heures à manipuler la matière, reproduisant les expériences des livres que j’avais à disposition dans ma salle de jeux. Croyez-moi, j’ai donné côté découvertes. La question dont tout le monde connaissait la réponse : François que souhaites-tu pour Noël ? à laquelle je m’empressais de répondre : Une chimie 2000 ainsi qu’un Larousse des plantes !

Petit à petit, ce qui me paraissait n’être au départ qu’un amas d’herbes vertes allait devenir, au fur et à mesure que j’apprenais, des plantes plus spécifiques les unes que les autres. Dans le même temps, j’ai commencé à tenir un petit herbier, faire du jardinage, et m’améliorer en bouturage… Allant jusqu’à cultiver grâce à ce grand potager que mes parents nous avaient fait et à apprendre tout ce que je pouvais sur les herbes comestibles et médicinales. Dès l’âge de 15 ans, le monde de la médecine et des traditions folklorique m’a appris à fabriquer mes premiers remèdes à base de plantes. Le premier ouvrage qui m’a marqué était « Le Médecin des pauvres » du docteur Henri Albéric Beauvillard. C’était une mine d’or, un livre passionnant tant par l’absurdité que l’efficacité de ces recettes. 

Lorsque j’ai entamé mon cursus en biologie végétale, j’étais passionné. D’ailleurs, au fil de ma propre expérience, j’ai rencontré des professeurs merveilleux. Mais je peux honnêtement dire que les mentors les plus remarquables, durables et infaillibles que j’ai eu au cours de ces années ont été les plantes elles-mêmes. De la rose, j’ai appris à agir contre les signes du temps, utilisant ses propriétés revitalisantes, régénératrices et cicatrisantes. La lavande… Si elle m’a appris à garder la tête haute et toujours apporter quelque chose aux autres, elle m’a aussi partagé ses vertus relaxantes et apaisantes. Le pissenlit m’a montré combien il m’importait d’être enraciné à un endroit et de puiser l’énergie du sol, d’en utiliser la force afin de me stimuler. Aillant passé mon enfance à arpenter les plaines du Cotopaxi, les sentiers Européens, le fleuve amazone et la jungle de Sigirîya… J’avais peine à rester en place. J’ai vagabondé pendant de longues années sur les 7 continents. C’est avec ce mantra que j’ai exploré le monde : Plus nous intégrons le sens et l’importance de notre coexistence avec les plantes, plus nous portons un œil pertinent sur le monde qui nous entoure. Et notre place dans ce monde doit se faire naturellement, au grè de nos observations et de nos expériences. Je crois d’ailleurs fortement que tout le monde a ce qu’il faut pour se soigner avec des remèdes ancestraux, simples, efficaces et ce dans le respect de la nature. Ma curiosité réside principalement dans le monde naturel où je continue à étudier, pratiquer et à croire. Croire que tout ce dont nous avons besoin est fourni par Mère Nature à l’endroit ou nôtre génétique à évolué, sous nos pieds et qu’il suffit juste de tendre la main.

folk officinalis

J’ai fini par poser mes valises en Hongrie et ai créé en 2011 Folk Officinalis. Ma petite production de plantes médicinales et me suis ouvert au monde, offrant du fait maison. Je m’occupe d’un domaine perdu dans les plis des plaines Transdanubiennes. Le climat y est excessivement continental, ce qui en fait un pays à climat brutal à cause des importantes variations de température qu’il connaît au fil des mois. Parfois, je fais de bonnes récoltes. Parfois, il n’y a presque rien au jardin et les récoltes sauvages ne peuvent se faire pour des raisons éthiques. C’est pour cela que je n’ai que très peu de produits en réserve. Cela signifie que la matière que j’ai à disposition en est d’autant plus précieuse et que chaque chose que je fabrique est faite avec un profond respect pour le monde végétal qui m’entoure. Récolter en quantités raisonnables racines et plantes, le faire au regard des connaissances traditionnelles qui m’ont été transmises par les anciens, notamment en suivant les phases de la lune. J’attends les 6 à 16 semaines nécessaires pour bien infuser des huiles et des alcools loin du soleil; pour pouvoir ensuite préparer des baumes, des huiles corporelles, des teintures-mères et bien plus encore. Ce procédé prend beaucoup de temps et ne peut qu’aller aux grés des saisons, car il s’agit bien là de ne pas forcer la nature et son travail.

Chez Folk Officinalis, nous sommes incroyablement engagés dans notre processus de création, non seulement en raison de la qualité des produits, mais aussi de leur durabilité. Serait-il « plus facile » de se plier aux normes de l’industrie et d’utiliser des concentrés chimiques ou simplement mélanger des huiles essentielles à de l’huile ? Bien sûr. Mais mon engagement envers la terre, envers vous, envers moi-même est de continuer à suivre les traditions et de façon durable quoi qu’il arrive.