Et si on arrêtait de vouloir « corriger » la nature ?

Fruits secs par françois roger de loraille pour folk officinalis

Ces dernières années, j’entends de plus en plus ce discours : il faudrait absolument préparer certains aliments avant de les manger, sinon ils seraient « mauvais » pour nous. Tremper les fruits à coque 24 heures pour enlever une enzyme, éviter les tomates parce qu’elles appartiennent aux solanacées et qu’elles seraient inflammatoires, ne pas manger certains fruits crus

Et je me demande : est-ce qu’on ne va pas un peu trop loin ?
Si la nature a conçu ces aliments comme ça, avec leur peau, leurs fibres, leurs enzymes, est-ce que ce n’est pas justement pour qu’on les mange tels quels ? Est-ce que notre corps n’est pas déjà équipé pour les assimiler, digérer, et même profiter de ces soi-disant « obstacles » ?

Prenons les fruits à coque. Oui, on peut les tremper. Oui, ça peut les rendre plus tendres. Mais pendant des millénaires, nos ancêtres les ont croqués tels quels, parfois même à moitié secs, sans autre préparation que de casser la coque. Et je crois que ce n’est pas un hasard : la texture, la mastication, le temps qu’il faut pour les manger… tout ça participe à la digestion et au sentiment de satiété. Ces inhibiteurs d’enzymes dont on nous parle tant, peut-être qu’ils ne sont pas seulement là pour « embêter » notre système digestif. Peut-être qu’ils font partie de l’équilibre global de l’aliment, comme un rythme naturel que notre corps sait suivre.

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Les tomates, c’est un autre exemple. On les accuse parfois d’aggraver l’arthrite ou les inflammations. Mais des millions de gens en mangent tous les jours, souvent sans aucun souci. Elles sont riches en antioxydants, en fibres, en goût… Elles ont nourri des générations. Alors oui, certaines personnes peuvent y être sensibles, comme d’autres avec le gluten, les fraises ou le lait. Mais ce n’est pas une raison pour en faire un aliment à éviter pour tout le monde.

Ce qui me dérange dans cette tendance à tout corriger, c’est qu’on finit par se méfier de tout. On oublie que nous avons évolué en même temps que ces aliments naturels. Notre corps est une machine incroyablement adaptable. Si on lui laisse faire son travail, il fabrique ses propres enzymes digestives, il régule, il s’équilibre. Mais si on prémâche tout à sa place — au sens figuré comme au sens propre — on perd peu à peu cette capacité.

Je ne dis pas qu’il ne faut jamais préparer ou transformer un aliment. Certaines personnes fragiles digèrent mieux les noix trempées ou les légumineuses pré-germées. Mais je pense que ça devrait rester une adaptation personnelle, pas une règle absolue.

Pour moi, manger sainement, ce n’est pas juste remplir un tableau de valeurs nutritionnelles ou suivre une liste d’interdits. C’est aussi honorer la forme naturelle de l’aliment, faire confiance à l’intelligence du vivant et à la nôtre.
Et parfois, ça veut dire croquer une noisette sèche, cueillir une tomate bien mûre et la manger encore tiède du soleil, sans se demander si on vient de commettre une faute diététique.

Parce qu’au fond, je crois qu’à force de vouloir « optimiser » ce que la nature nous donne, on finit par s’éloigner d’elle. Et moi, j’ai plutôt envie de m’en rapprocher.

Herboristiquement vôtre,
François Roger de Loraille.