Cancer : une maladie rentable

Il y a quelques jours avait lieu la Journée mondiale contre le cancer. Une journée de plus pour parler chiffres, traitements, protocoles, dépistage. C’est nécessaire. Mais c’est aussi, trop souvent, une journée qui évite soigneusement de poser les questions qui dérangent : pourquoi le cancer explose-t-il depuis des décennies ? Pourquoi certaines causes structurelles sont-elles encore si peu abordées publiquement ? Et surtout, à qui profite réellement cette situation ?

Le cancer n’est pas une fatalité tombée du ciel. C’est une maladie multifactorielle, bien sûr, mais l’environnement joue un rôle majeur. L’OMS, l’INSERM, l’ANSES et de nombreux organismes indépendants reconnaissent depuis longtemps le lien entre exposition chronique aux pesticides, solvants, perturbateurs endocriniens, polluants industriels et augmentation des cancers. Ce ne sont pas des hypothèses marginales : ce sont des données épidémiologiques solides, accumulées sur plusieurs décennies. Et pourtant, ces substances restent massivement utilisées, autorisées, parfois simplement « réévaluées » à la marge, quand elles ne sont pas remplacées que par des molécules cousines à peine moins problématiques.

C’est là que le malaise commence. Car les mêmes groupes industriels qui dominent le marché des pesticides et de l’agrochimie ont, pour beaucoup, des intérêts directs ou indirects dans la pharmacie, la biotechnologie ou la recherche médicale. Ce ne sont pas des théories complotistes, ce sont des structures économiques documentées : fusions, rachats, fonds d’investissement communs, porosité entre conseils d’administration. Quand une industrie participe à la dégradation de la santé publique, puis se positionne comme solution thérapeutique, il y a un conflit d’intérêts évident. Un système où l’on traite les conséquences sans jamais s’attaquer sérieusement aux causes devient mécaniquement rentable.

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Un malade rapporte. Un malade chronique rapporte encore plus. Consultations à vie, traitements lourds, médicaments coûteux, innovations brevetées, accompagnement médical permanent. Personne ne dit que les médecins veulent des patients malades : ils font leur travail, souvent avec une éthique admirable. Le problème est systémique. Il réside dans un modèle économique où la prévention réelle — celle qui remettrait en question l’agriculture industrielle, l’usage massif de toxiques, certaines politiques publiques — n’est pas prioritaire, car elle menace des intérêts colossaux.

La responsabilité politique est immense. Les décisions d’autorisation, de seuils « acceptables », de délais d’interdiction sont prises sous pression constante des lobbys. Le lobbying n’est pas un mythe : il est légal, structuré, omniprésent à Bruxelles, à Paris, partout. Lorsqu’un produit est suspecté d’être cancérogène, on débat pendant dix ou quinze ans pendant que la population continue d’y être exposée. On demande toujours « plus d’études », alors que les signaux sont déjà là. Et pendant ce temps, les cancers continuent de progresser.

Parler du cancer sans parler de pesticides, de pollution, de choix agricoles et industriels, c’est raconter une histoire tronquée. C’est comme écoper un bateau sans jamais colmater la brèche. La prévention ne devrait pas être un slogan, mais une révolution silencieuse : moins de chimie dans les champs, moins de toxiques dans l’eau, l’air, l’alimentation, plus de transparence, plus de courage politique. Cela coûterait cher à court terme à certains secteurs, mais cela sauverait des vies, et surtout des années de vie en bonne santé.

La Journée mondiale contre le cancer devrait être aussi une journée mondiale de remise en question. Pas pour accuser individuellement, mais pour regarder lucidement un système qui a tout intérêt à réparer plutôt qu’à empêcher. Tant que tomber malade restera plus rentable que rester en bonne santé, le combat sera biaisé. Et c’est peut-être là le vrai scandale sanitaire de notre époque.

Herboristiquement vôtre,
François Roger de Loraille

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